Pourquoi les devis CVC explosent en 2025 et comment reprendre la main
Les chargés d'affaires CVC voient leurs devis déraper en 2025, entre envolée des coûts, nouvelles exigences de performance énergétique et réglementations mouvantes. Cet article propose une méthode très concrète, nourrie de terrain, pour sécuriser vos chiffrages et retrouver une vraie maîtrise économique de vos projets génie climatique.
Un contexte 2025 qui dynamite les anciens réflexes de chiffrage
Depuis deux ans, beaucoup de chargés d'affaires en France me disent la même chose : "Je chiffre comme avant, mais le budget final part en fumée". Et ils n'ont pas tort. Le marché CVC 2025 cumule trois chocs simultanés :
- hausse erratique des prix des matériaux et des équipements,
- accélération des exigences réglementaires (RE2020, décarbonation, froid décarboné),
- clients beaucoup plus vigilants sur les consommations réelles et le coût global.
On peut faire semblant de ne rien voir et continuer à poser des prix au m², ou on accepte que les modèles de chiffrage hérités d'avant 2020 sont devenus dangereux. En tout cas pour un chargé d'affaires qui veut garder sa crédibilité et ses marges.
Pour situer le décor, l'ADEME et divers observatoires métiers pointent une hausse cumulée de plus de 20 % sur certains composants frigorifiques depuis 2020, avec des à‑coups imprévisibles. Quand on additionne ça à des CTA plus performantes, à des VRV toujours plus sophistiqués, les écarts de 10 à 15 % entre devis et réalité deviennent presque mécaniques si la méthode ne change pas.
Le piège des devis CVC "au feeling"
Dans le génie climatique, le poison le plus discret reste ce réflexe : "Je l'ai déjà fait dix fois, je sais combien ça coûte". En 2025, ce raccourci est tout simplement devenu dangereux.
Les trois biais qui ruinent vos chiffrages
- La mémoire sélective des prix - On se souvient du montant global d'un projet, mais pas de la finesse des postes : cuivre, câblage, vannes, régulation, accessoires. Résultat : on sous‑estime systématiquement les périphériques.
- L'oubli des contraintes de pose - Hauteur sous plafond, contraintes d'accès, phasage avec les autres corps d'état... Cela se traduit en heures supplémentaires que l'on ne chiffre pas.
- La sous‑valorisation de la technicité - Plus les systèmes sont intelligents (VRV dernière génération, CTA avec récupération avancée, régulation domotique), plus la mise en service, les essais et l'équilibrage prennent du temps.
Le problème, ce n'est pas votre expérience. C'est qu'elle n'est plus suffisante seule. Elle doit être encadrée par une méthode rigoureuse, surtout si vous gérez des projets multi‑split, VRV ou eau glacée, comme ceux abordés dans les modules de formation CVC.
Actualité 2025 : la pression réglementaire qui change les règles du jeu
En 2025, l'agenda réglementaire n'est plus un bruit de fond. C'est un rouleau compresseur qui façonne directement vos devis.
RE2020, décarbonation et équipements plus complexes
Les exigences de la RE2020 et les plans de décarbonation en France imposent :
- des rendements plus élevés sur les équipements de climatisation et de ventilation,
- une meilleure maîtrise des consommations réelles,
- une réduction de l'impact carbone des installations.
En clair, on vous demande de concevoir des systèmes plus fins, plus intelligents, mieux pilotés. Et ça ne se fait pas avec un mono‑split premier prix posé à la va‑vite. Un projet bien dimensionné sur base de VRV ou de ventilo‑convecteurs eau glacée, avec une régulation sérieuse, implique :
- plus d'études (schémas frigorifiques, équilibrage air/eau, scénarios de régulation),
- plus de coordination,
- plus de temps sur site.
Si ces postes ne sont pas explicitement chiffrés, vous les "offrez". Et vous savez très bien que le client, lui, ne vous les rendra pas.
Pour suivre ces évolutions, les ressources comme le portail officiel RE2020 du Ministère sont indispensables. Mais elles ne remplacent pas une approche structurée, métier, du chiffrage.
La méthode 3 couches pour arrêter l'hémorragie
Dans notre pratique de formation, on recommande souvent une méthode en trois couches, qui colle bien aux modules pédagogiques CVC : matériel, accessoires, structure de projet.
Couche 1 - Les équipements principaux : arrêter les "prix au kiloWatt"
Que vous soyez sur du mono‑split/multi‑split, du VRV ou des CTA, la première erreur est de chiffrer "à la puissance". Ce qui compte réellement :
- la marque et la gamme choisie (Lennox, Daikin, Mitsubishi Electric, Swegon, etc.),
- les options intégrées (régulation avancée, free‑cooling, batterie supplémentaire),
- les contraintes de performance (COP, EER, récupération de chaleur).
On ne chiffre pas une CTA d'entrée de gamme comme une CTA haut rendement avec récupération à plaques, et pourtant, beaucoup de tableurs simplifient encore à l'extrême ces postes. La première discipline, c'est d'isoler chaque référence d'équipement et de la relier à un bordereau à jour, mis à jour au moins trimestriellement.
C'est précisément ce qu'on formalise dans les exercices de dimensionnement et d'édition de bordereaux décrits dans les modules de formation AC Project Engineering.
Couche 2 - Les accessoires : le trou noir des bordereaux CVC
Cuivres, câbles, vannes, supports, grilles, régulation... Ce sont eux qui font exploser vos devis sur chantier lorsqu'ils ont été sous‑estimés. Une bonne pratique consiste à :
- lier chaque type d'installation à une check‑list d'accessoires standardisée,
- prévoir des ratios réalistes de chute, rebut, consommables,
- documenter les postes récurrents oubliés (supports spécifiques, reprises de peinture, accessoires de régulation).
Un exemple concret : sur un projet de ventilo‑convecteurs eau glacée dans un immeuble tertiaire en Île‑de‑France, le coût des vannes 2 voies/3 voies et des organes d'équilibrage représentait près de 18 % du budget matériel. Le chargé d'affaires en avait prévu... 8 %. Il connaissait parfaitement la technique, mais sa méthode de chiffrage n'avait jamais été actualisée.
Sur ce plan, travailler avec des bibliothèques structurées issues de retours terrain, comme celles exploitées dans les cas pratiques de formation, change totalement la donne.
Couche 3 - La structure de projet : chiffrer enfin le temps réel
Le dernier étage, souvent négligé par les jeunes chargés d'affaires, c'est la structure de projet :
- temps d'étude et de mise au point (sélection, variantes, coordination),
- temps de mise en service, réglages, équilibrage,
- gestion documentaire, DOE, notices, formation utilisateur.
Sur un projet CVC un peu complexe, ces postes représentent facilement 10 à 20 % de la charge globale. Ne pas les chiffrer distinctement, c'est s'offrir une belle cure d'heures supplémentaires gratuites. Là encore, une méthode claire, transmise au travers d'une formation opérationnelle pour chargés d'affaires, fait une énorme différence.
Hiver 2025‑2026 : saison haute, marges basses si vous n'anticipez pas
La saison hivernale reste un moment où les projets s'enchaînent vite, parfois trop vite. Entre les remplacements d'unités vieillissantes et les rénovations énergétiques accélérées, les équipes sont sous tension. C'est précisément là que les erreurs de chiffrage explosent.
Cas d'un bureau d'études débordé en plein hiver
Un bureau d'études CVC en région lyonnaise m'a confié récemment sa mésaventure. Au cœur de l'hiver, trois projets de rénovation d'installations de climatisation réversible tombent coup sur coup : multi‑split en commerces, VRV en tertiaire, CTA hygiénique en santé. Pression du client, planning serré, habitudes d'avant 2020... Résultat : sur les trois chantiers, les accessoires frigorifiques et la régulation ont été sous‑estimés de 12 à 18 %.
En soi, chaque erreur restait "gérable". Mais cumulées sur un trimestre, elles ont littéralement mis sous pression la trésorerie de la structure. Le problème n'était pas la technique, mais bien l'absence d'une méthode consolidée de chiffrage.
Voilà pourquoi l'hiver 2025‑2026 est un bon moment pour revoir en profondeur vos réflexes de devis, plutôt que de les subir.
Des réflexes concrets pour sécuriser vos prochains devis
1 - Formaliser votre propre référentiel prix‑projets
Arrêtez de considérer chaque devis comme un cas isolé. Construisez un référentiel vivant :
- tableau des ratios réels observés sur vos derniers chantiers (accessoires, main‑d'œuvre, études),
- base de prix alimentée par vos fournisseurs clés (Daikin, Mitsubishi Electric, Lennox, etc.),
- taux d'ajustement appliqués en fonction du type de client et du secteur (tertiaire, santé, industrie).
Ce référentiel devient votre garde‑fou quand un prix vous semble soudainement "trop beau".
2 - Introduire systématiquement une revue de devis croisée
Un autre réflexe simple : un devis CVC significatif ne devrait jamais sortir sans une revue croisée minimale avec un autre chargé d'affaires ou un technicien expérimenté. Cette revue peut être structurée autour d'une grille inspirée des thématiques vues dans les modules de formation AC Project Engineering :
- cohérence du dimensionnement,
- exhaustivité des accessoires,
- poste "mise en service" et "régulation" vérifiés.
3 - Se former spécifiquement au chiffrage, pas seulement à la technique
Savoir dimensionner une installation, sélectionner une CTA ou un ventilo‑convecteur ne suffit plus. Le métier de chargé d'affaires exige une maîtrise fine du chiffrage et des budgets travaux. C'est tout l'enjeu d'une formation dédiée aux chargés d'affaires CVC, qui ne se contente pas d'empiler des notions techniques, mais met l'accent sur la capacité à gérer un projet de bout en bout.
Vers des devis CVC enfin alignés sur la réalité du terrain
On peut continuer à incriminer la conjoncture, la réglementation ou les clients trop exigeants. Ou on peut accepter que le cœur du sujet, pour un chargé d'affaires CVC en 2025, se situe dans sa méthode de chiffrage et sa façon de structurer les projets.
Repenser vos devis, ce n'est pas "faire un joli Excel". C'est revoir vos réflexes, clarifier vos hypothèses, documenter vos ratios, et vous donner enfin des marges qui tiennent debout. Si vous voulez aller plus loin, structurer vos compétences et gagner en autonomie, le plus logique reste de poser les bases sur une formation en ligne structurée, taillée pour les réalités du terrain en France et aux Émirats.
Ce métier ne pardonne pas longtemps les approximations. Autant choisir délibérément votre façon de travailler, plutôt que de la subir devis après devis.